Station météo amateur

Où trouver les relevés météo de l'Aisne : données ouvertes de Météo-France et réseaux de stations amateurs

Station météo amateur · Publié le 2026-10-23

Carte météorologique de surface de janvier 1967, avec stations, isobares et fronts tracés à la main
Carte d'analyse de surface du 26 janvier 1967. US National Weather Service, via Wikimedia Commons, domaine public.

Rechercher la pluie tombée à Saint-Quentin un jour d'orage, la température minimale de l'hiver 1985 à la station la plus proche, ou comparer sa propre station au réseau officiel : c'est devenu beaucoup plus simple. Depuis le 1er janvier 2024, Météo-France met à disposition gratuitement ses données climatologiques. Les réseaux de stations amateurs, eux, complètent ce maillage à l'échelle des communes.

L'ouverture des données de Météo-France

La loi pour une République numérique de 2016 a posé le principe de l'ouverture des données publiques. Pour Météo-France, la gratuité de l'ensemble des données publiques est devenue effective au 1er janvier 2024. Elles sont rassemblées sur la plateforme meteo.data.gouv.fr, en lien avec le portail national des données publiques data.gouv.fr.

On y trouve notamment :

Licence

Les données sont publiées sous la licence ouverte Etalab. On peut les réutiliser librement, y compris à des fins commerciales, à condition de mentionner la source (Météo-France) et la date de mise à jour.

Rechercher les relevés d'une station de l'Aisne

  1. Identifier la station : chaque station porte un numéro à huit chiffres dont les deux premiers sont ceux du département (02 pour l'Aisne). La liste des stations indique lesquelles sont encore ouvertes et quels paramètres elles mesurent.
  2. Choisir le pas de temps : quotidien pour les cumuls et extrêmes, horaire pour suivre un épisode, six minutes pour l'intensité des pluies d'orage.
  3. Télécharger le fichier du département pour la période voulue : les fichiers sont au format CSV compressé, lisibles par un tableur.
  4. Lire la documentation des champs : chaque colonne a un code (par exemple RR pour les précipitations, TN et TX pour les températures minimale et maximale) et un indicateur de qualité.

Les fichiers sont volumineux pour les longues périodes ; un tableur suffit pour une station et quelques années, un petit script devient utile au-delà. Les codes et les conventions de la journée climatologique sont expliqués dans notre page sur les records climatiques.

Les réseaux de stations amateurs

Le réseau de Météo-France réunit des stations automatiques et des postes tenus par des bénévoles, mais son maillage reste trop lâche pour saisir un orage localisé ou une gelée de fond de vallée. Les stations amateurs, beaucoup plus nombreuses, apportent ce détail.

StatIC

L'association Infoclimat, fondée par des passionnés, anime le réseau StatIC, qui intègre des stations amateurs à ses cartes d'observation. Pour y entrer, une station doit respecter une charte : emplacement documenté par des photos, abri adapté, transmission régulière. Les données sont soumises à des contrôles de cohérence avec les stations voisines.

Les plateformes internationales

Plusieurs plateformes, dont certaines portées par des services météorologiques nationaux comme le programme WOW du Met Office britannique, accueillent les stations personnelles du monde entier. Elles sont simples à rejoindre, mais le contrôle des emplacements y est souvent plus léger : les données doivent être interprétées avec prudence.

Les observateurs bénévoles de Météo-France

Météo-France s'appuie aussi depuis longtemps sur un réseau d'observateurs bénévoles qui relèvent chaque jour la pluie et parfois la température dans des postes climatologiques équipés par l'établissement. Ces séries, souvent très longues, sont parmi les plus précieuses pour l'étude du climat local.

Partager ses propres relevés

Bon usage des données

Comparer des stations suppose de comparer des choses comparables : même pas de temps, même convention de journée, emplacements de qualité similaire. Une station de fond de vallée et une station de plateau ne mesurent pas le même climat, même à quelques kilomètres. Pour la pluie, les écarts entre stations voisines sont parfois considérables lors des orages ; nos conseils pour mesurer la pluie aident à interpréter ces différences.

Exemple : retrouver un orage d'été

Supposons que l'on veuille savoir combien de pluie est tombée lors d'un orage de juillet sur le Soissonnais. La démarche est la suivante : repérer dans la liste des stations celles du département 02 qui mesurent les précipitations et qui étaient ouvertes à la date voulue ; télécharger le fichier quotidien pour connaître le cumul de la journée climatologique ; puis, si la station le permet, ouvrir le fichier horaire ou à six minutes pour voir à quelle heure la pluie a commencé et quelle intensité elle a atteinte.

Il est fréquent de constater que la station officielle la plus proche n'a reçu que quelques millimètres alors qu'une commune voisine a été inondée : c'est la nature même des orages. Les images radar archivées, elles aussi publiées en données ouvertes, et les relevés des réseaux amateurs aident alors à reconstituer l'épisode. Pour une démarche plus officielle, par exemple dans le cadre d'une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle, c'est la mairie qui saisit la préfecture, et Météo-France produit des rapports spécifiques à la demande des services de l'État.

Les mêmes fichiers permettent de reconstituer un hiver rigoureux, une vague de chaleur ou une saison entière. Un tableur suffit pour calculer des moyennes mensuelles, compter les jours de gel ou repérer la plus longue série de jours sans pluie, et comparer ces valeurs aux normales.

Sources