Station météo amateur

Mesurer la pluie : pluviomètre manuel ou à augets, unités, installation et erreurs fréquentes

Station météo amateur · Publié le 2026-10-22

Un pluviomètre manuel en plastique transparent avec son tube intérieur gradué, fixé à une clôture de jardin
Pluviomètre manuel à tube gradué. Photo : Famartin, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

De tous les paramètres météo, la pluie est le plus simple à comprendre et l'un des plus difficiles à mesurer correctement. Un pluviomètre mal placé, un entonnoir bouché ou un coup de vent suffisent à fausser un cumul. Pourtant, un relevé de pluie bien tenu est précieux : pour le jardin, pour suivre une sécheresse, ou pour documenter un orage que la station officielle n'a pas vu.

L'unité : le millimètre

La pluie se mesure en hauteur d'eau, en millimètres. Un millimètre de pluie correspond à une lame d'eau d'un millimètre d'épaisseur sur une surface plane et imperméable, soit exactement un litre d'eau par mètre carré. Un orage de 25 millimètres déverse donc 25 litres sur chaque mètre carré de jardin, et 2 500 mètres cubes sur un champ de dix hectares.

On distingue le cumul (la quantité totale tombée sur une période) et l'intensité (la quantité tombée par unité de temps, souvent en millimètres par heure). Une pluie de 10 millimètres en dix heures humidifie le sol en profondeur ; la même quantité en dix minutes ruisselle en grande partie.

Les types de pluviomètres

Le pluviomètre manuel

C'est un récipient muni d'une ouverture de surface connue et d'un tube gradué, ou d'une éprouvette dans laquelle on verse l'eau recueillie. Simple, sans électronique, il est très fiable s'il est relevé chaque jour à heure fixe. Son ouverture doit être assez large : les petits pluviomètres de jardinerie, à ouverture étroite, sont plus sensibles aux erreurs.

Le pluviomètre à augets basculants

C'est le modèle des stations automatiques. L'eau recueillie par l'entonnoir remplit un petit auget à bascule ; quand il est plein, il bascule, se vide et présente l'auget opposé. Chaque basculement correspond à une quantité fixe, souvent 0,2 ou 0,25 millimètre selon les modèles, et déclenche une impulsion électrique comptée par la station. Le système permet de mesurer l'intensité et l'heure de la pluie.

Les limites des augets

Par très forte intensité, une partie de l'eau tombe pendant le basculement et n'est pas comptée : les pluviomètres à augets sous-estiment les averses violentes. Les modèles professionnels corrigent cet effet par étalonnage. Sans chauffage, ils ne mesurent pas la neige au moment où elle tombe, mais à la fonte, parfois des jours plus tard.

Bien installer son pluviomètre

Les autres capteurs de la station ont leurs propres contraintes, détaillées dans notre guide d'installation d'une station météo.

L'effet du vent

Le vent est la principale source d'erreur. En contournant le pluviomètre, il accélère au-dessus de l'ouverture et dévie une partie des gouttes, surtout les plus fines. Le pluviomètre recueille alors moins que ce qui est réellement tombé. Cette sous-estimation peut atteindre plusieurs pourcents pour la pluie et bien davantage pour la neige. Les stations de référence utilisent parfois des écrans anti-vent ; chez soi, un emplacement abrité du vent mais pas des précipitations, par exemple derrière une haie basse éloignée, est un bon compromis.

La neige

La neige se mesure de deux façons : sa hauteur au sol, avec une règle graduée posée sur une planche blanche, et son équivalent en eau, en faisant fondre ce qui a été recueilli. Une même hauteur de neige peut contenir des quantités d'eau très différentes selon qu'elle est sèche et poudreuse ou lourde et mouillée. Il ne faut donc pas appliquer de règle fixe de conversion.

Tenir un relevé utile

À quoi sert un relevé de pluie

Au jardin, le cumul de la semaine aide à décider d'arroser ou non : un sol de potager a généralement besoin de l'équivalent de quelques dizaines de millimètres par semaine en été, pluie et arrosage compris, selon la culture et la nature du sol. Notre article sur la sécheresse au jardin donne des repères. Pour la collectivité, les relevés de pluie des réseaux bénévoles améliorent la connaissance des orages et des épisodes de sécheresse, comme l'explique notre article sur les réseaux d'observation amateurs.

Un exemple de calcul

Un pluviomètre manuel a une ouverture circulaire de 10 centimètres de diamètre, soit une surface d'environ 78,5 centimètres carrés. Après une averse, on y recueille 157 millilitres d'eau. Le volume divisé par la surface donne la hauteur : 157 centimètres cubes divisés par 78,5 centimètres carrés font 2 centimètres, soit 20 millimètres de pluie. Les tubes gradués des pluviomètres de jardin font ce calcul à notre place, à condition que la graduation corresponde bien à l'ouverture de l'appareil.

Ce petit calcul permet aussi de vérifier un pluviomètre électronique : en versant lentement une quantité d'eau connue dans l'entonnoir, on compare le cumul affiché à la valeur attendue. Un écart de quelques pourcents est normal ; au-delà, un réglage ou un nettoyage des augets s'impose.

Sources