Saisons et jardin

Sécheresse au jardin : restrictions d'eau, arrosage raisonné et paillage dans l'Aisne

Saisons et jardin · Publié le 2026-10-22

Massif couvert d'un épais paillage de broyat de branches au pied d'arbustes, dans un jardin public
Paillage de broyat dans un jardin public de Normandie. Photo : Jmalo, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Longtemps, la sécheresse semblait réservée au sud de la France. Les étés 2018, 2019, 2020 et 2022 ont montré qu'elle concernait aussi les Hauts-de-France : pelouses grillées, potagers à la peine, arrêtés préfectoraux de restriction d'eau dans l'Aisne. Jardiner avec moins d'eau devient une compétence de base, qui passe autant par le sol que par l'arrosoir.

Les restrictions d'eau : qui décide et comment s'informer

En période de sécheresse, le préfet peut limiter les usages de l'eau par arrêté, sur la base de l'état des cours d'eau et des nappes. Le dispositif comporte quatre niveaux de gravité :

Vigilance
Information et incitation aux économies d'eau.
Alerte
Premières restrictions : arrosage des jardins interdit à certaines heures, lavage des voitures limité, remplissage des piscines encadré.
Alerte renforcée
Restrictions plus fortes : plages horaires d'arrosage réduites, certains usages interdits.
Crise
Seuls les usages prioritaires sont permis : santé, sécurité civile, eau potable, salubrité.

Les restrictions s'appliquent par zone, selon les bassins, et diffèrent pour les eaux de surface et les eaux souterraines. Le plus simple pour connaître les règles applicables à son adresse est le site public VigiEau, qui indique le niveau en vigueur et les mesures détaillées. L'eau de pluie récupérée dans une cuve n'est généralement pas concernée par les interdictions d'arrosage, mais il vaut mieux vérifier l'arrêté.

Au potager

Les arrêtés prévoient souvent des règles particulières pour les potagers, avec des plages horaires d'arrosage autorisées, le soir ou la nuit, plutôt qu'une interdiction totale. Le détail varie selon le niveau et le département.

Arroser moins, mais mieux

Le paillage, premier geste anti-sécheresse

Couvrir le sol d'une couche de matière organique limite l'évaporation, garde le sol plus frais, freine la levée des mauvaises herbes et nourrit la vie du sol en se décomposant. L'ADEME le recommande aussi comme moyen de valoriser les déchets verts du jardin sur place, plutôt que de les apporter en déchetterie.

Le paillage est aussi l'une des meilleures armes contre les adventices, comme nous l'expliquons dans notre guide des « mauvaises herbes ».

Récupérer l'eau de pluie

Une cuve raccordée à une descente de gouttière permet de stocker l'eau de pluie de l'hiver et du printemps pour l'été. Un toit reçoit, à chaque millimètre de pluie, environ un litre par mètre carré de surface au sol : une toiture de 80 mètres carrés recueille donc environ 80 litres par millimètre, moins les pertes. L'eau de pluie convient très bien à l'arrosage. Son usage à l'intérieur de la maison, pour les toilettes ou le lavage des sols, est encadré par la réglementation et suppose un réseau séparé et déclaré.

Adapter le jardin

La sécheresse et la maison

Les sécheresses estivales ont aussi un effet moins visible : le retrait des sols argileux, qui fissure les maisons aux fondations peu profondes. Cette exposition se vérifie sur Géorisques, et c'est un point à regarder avant d'acheter, comme nous l'expliquons dans notre guide pour choisir son logement selon le climat local. Pour organiser le potager au fil de l'année, voyez notre calendrier du potager.

Reconnaître le stress hydrique

Les plantes signalent le manque d'eau avant de dépérir. Les feuilles des courges et des courgettes s'affaissent aux heures chaudes : si elles se redressent le soir, la plante gère ; si elles restent molles le matin, elle a soif. Les salades montent en graines, les haricots perdent leurs fleurs, les tomates présentent parfois une tache noire à la base du fruit, souvent liée à une alimentation en eau irrégulière.

Le meilleur indicateur reste le sol lui-même. En enfonçant un doigt ou une petite tarière sur une dizaine de centimètres, on voit si la terre est encore fraîche en profondeur malgré une surface sèche. Une surface croûtée qui laisse ruisseler l'eau d'arrosage gagne à être griffée légèrement avant d'arroser : selon l'adage des jardiniers, un binage vaut deux arrosages, car il casse la croûte et limite la remontée de l'eau par capillarité.

Sources